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Z) Fin (10)


Le piège de l’arrogance « Tel est pris qui croyait prendre » est en cours. Ce qui est remarquable, c’est que l’histoire réserve souvent des surprises aux individus malveillants, aux vantards et aux menteurs. L’Occident impérialiste se trouve pris aux pièges qu’ils ne cessent de tendre aux autres. Toutes les institutions et organisations (notamment financières) mises en place principalement après la Seconde Guerre mondiale pour promouvoir la démocratie, les libertés et les droits de l’homme, en imposant leur volonté à autrui grâce à l’utilisation abusive des technologies de l’information avancées, se sont révélées être des outils de provocation et de domination visant à contraindre, voire renverser, les gouvernements ne suivant pas leur idéologie mondialiste. Elles se sont finalement retournées contre eux de manière déplorable ! Internet s’est avéré être un moyen particulièrement efficace pour les contrecarrer jusqu’à ébranler leur système de gouvernance, de sécurité et « d’information » ! Ces médias « sociaux » ont dépassé leurs médias traditionnels de propagande et de subversion ! « Tel est pris qui croyait prendre ! ». En cherchant à manipuler et à tromper, ils ont fini par être pris dans le même filet subversif mondial qu’ils ont tissé pour d’autres. Parmi ces manipulations figurent celles consistant à ignorer les dates de début des conflits ainsi que leur contexte historique pour tromper sur les objectifs. Ce qui explique le verrouillage des débats libres que l’on ne permet que dans le cadre d’un narratif communicatif préétabli, mais qui semblent maintenant s’effondrer ! D’où le virage soudain pour un autre plus en diversion comme « empêcher les Russes de gagner ». Drôle d’objectif !
L'Europe est abaissée, sous les fourches caudines des USA Une Europe tombée bien bas sous les griffes des USA à la faveur de « l’assistance » prodiguée à la fin de la 2ème Guerre Mondiale qui s’est transformée en « droit d’ingérence ». Les voilà dans une sorte de ‘bis repetita’ qui les pousse à l’autodestruction en vue d’un marché de reconstruction qui commence par la délocalisation de leurs industries rendues non compétitives en raison d’une interdiction d’achat de l’énergie russe. À ce propos, la dernière enquête indépendante, par analyse de données, d’un certain « Mortymer », a démontré que le sabotage du Nord Stream est le fait des Anglo-Américains impliquant des personnalités anglaises, confirmant les affirmations de Seymour Hersh et des services russes. Non satisfaits des conséquences sur la Russie et insensibles à l’échec, les oligarques européens ont poussé leur sale manœuvre, jusqu’à vouloir utiliser les intérêts générés par les actifs russes pour financer l’Ukraine, selon leurs dires. En fait, il s’agit d’un tripotage visant, certes, à récolter de l’argent pour l’Ukraine, mais surtout à réorienter l’essentiel vers Israël, leur dernier pantin ; sans en imaginer les réponses stupéfiantes russes ! « Celui qui avale une noix de coco entière fait confiance à son anus » dit un proverbe ivoirien. Ce qui ne semble pas faisable ! Ils demeurent néanmoins prompts à exhiber leurs pectoraux contre les petits pays … Des « petits » pays africains qui ont réussi à évincer des puissances telles que la France et les États-Unis de leur territoire en nouant, désormais, souverainement, des relations avec qui ils souhaitent et quand ils le souhaitent ! Observons ce qu’en dit Nathalie ! Ceci pour souligner que l’arrogance corrompt les esprits jusqu’à l’aliénation ! « À quelques-uns, l’arrogance tient lieu de grandeur ; l’inhumanité de fermeté ; et la fourberie, d’esprit » (Jacques Sternberg).
En conclusion, il apparaît que se débarrasser de leur impérialisme et colonialisme ; garantir le respect des droits des peuples, dont celui des Palestiniens ; retirer leurs bases militaires menaçantes dans le monde et établir des relations équilibrées avec les pays, ne figurent pas dans leur vision. Ils demeurent enfermés de leurs paradoxes et contradictions, ne constatant leurs échecs qu’une fois leurs actes accomplis, sans les reconnaître ; puis ils recommencent. Ils n’entendent rien des conseils des Sages.Ils sont conscients de leur perte d’influence mondiale, mais ne parviennent à trouver de ‘solutions’ que par des comportements qui attisent l’anti-occidentalisme, accélérant ainsi leur déclin et entraînant les pays de l’Union européenne qui ne perçoivent même pas que le « Brexit », par exemple, n’est rien d’autre qu’un stratagème permettant au Royaume-Uni d’éviter les répercussions de la politique américaine sur l’UE. Le modèle de « démocratie » occidentale qui marginalise le patriotisme et les intérêts des peuples, dont les leurs, privilégiant les groupes d’influence organisés autour des oligarchiques est le signe avant-coureur du déclin. Ainsi, ils semblent atteindre la phase finale d’un processus irréversible dans leur évolution historique, tel que traversé par tous les empires disparus. Il reste cette tumeur maligne au Moyen-Orient nommée « Israël » (soutenu notamment par les Rothschild) avec ses projets coloniaux funestes et sataniques. Cette entité croit pouvoir progresser allègrement à contre-courant de l’évolution historique du monde en se fichant des peuples qui observent leurs actions malveillantes, d’une époque révolue, envers les Palestiniens. Un anachronisme qui offense l’intelligence et la raison ! » (Article « L’impérialisme occidental en déclin face à «l’impérialisme» bienséant du BRICS en formation ! » de Amar Djerrad)
L’alternative qui se présente aujourd’hui : soit le nouvel ordre mondial (OTAN, États-Unis, UE, World Economic Forum, …) peut arriver au sommet de sa puissance par le chaos, soit il est obligé de renoncer à son pouvoir et à sa logique de pouvoir par la prédation ; ce qui appellera forcément un changement de paradigme : un monde multipolaire – Poutine, Xi, Trump – avec des nations plus souveraines. (Quoique le crédit social et le transhumanisme guettent des 2 côtés.) Ce sera la gouvernance globale ou la révolte des nations (contre leurs perverses élites sionistes ou/et mondialistes), c’est-à-dire, la révolte des nations pilotées par ces trois nations maîtresses, et aussi le retour à une économie réelle non parasitaire sortie de la privation financière de ce faux dollar. Surtout que si elle ne parvient pas à provoquer une troisième guerre mondiale pour dissimuler ses vastes crimes et cupidités inconséquentes, la perverse oligarchie mondialiste pourrait créer des guerres civiles telles des diversions, et que tout mouvement populaire dans ce sens serait donc une très grave erreur. Mais cette perverse oligarchie mondialiste pourrait se suffire d'une éventuelle réussite de leur déconstruction des peuples, afin de reconstruire un système très dominé par elle.
« L'échec de l’Ukraine est avant tout un échec de l’OTAN. Cette alliance, Macron l’avait déjà déclarée « en état de mort cérébrale » (8 novembre 2019). Certains avaient cru voir un néo-gaullisme dans cette déclaration. Ce n’était pas le cas une seconde. C’était la préparation à une prise de relais. Il s’agit donc de reprendre le travail de l’OTAN mais en l’européanisant. Tel est le projet de Macron. Telle est la mission qui lui est confiée. Pourquoi ? Parce que tel est l’intérêt du Capital international. Or le Capital international est très lié aux intérêts américains. Macron est l’homme du Capital. Il est actuellement en charge de la SFIC : Section Française de l’Internationale du Capital (la maison mère de la SFIO : Section Française de l’Internationale de l’Oligarchie). Macron est donc d’abord, inévitablement, l’agent du capital américain, la fraction dominante du capital mondial, forme économique de l’Occident collectif avec ses pseudopodes tels les fondations mondialistes, l’État d’Israël et d’autres. Parce que c’est lui, le capitalisme américain, qui domine le capitalisme mondial. Et que quand la périphérie est fichue, il faut la sacrifier et sauver le noyau. C’est pourquoi, après avoir détruit l’industrie française à la suite de Hollande, Macron veut détruire ce qu’il reste d’industrie en Europe, et donc l’industrie allemande. C’est en cours : le gaz américain est pour les Allemands six fois plus cher que le gaz russe. Conséquence : leur industrie n’est plus compétitive. Et donc, l’industrie allemande quitte l’Europe et s’installe aux EUA [États-Unis d’Amérique]. C’est pourquoi Macron ne s’est aucunement opposé à la politique de l’UE des « sanctions » contre la Russie, qui étaient avant tout des auto-sanctions contre l’Europe. N’imaginons pas un instant que Macron soit inintelligent. Il savait ce qu’il faisait. Sa mission ? Sauver le capitalisme. Enrayer la baisse des taux de profits. Et donc sauver d’abord le capitalisme américain. En ce sens, Macron fait le « job ». Que l’Europe soit vidée de ses dernières industries (9 % du PIB en France correspond à l’industrie, il ne reste donc plus grand-chose à liquider), qu’elle soit pillée par les EUA, tel est l’intérêt du capitalisme international. Tel est donc l’objectif de Macron puisqu’il est un de ses fondés de pouvoir et son « délégué France ». Si des miettes avaient été disponibles pour le capitalisme national français, Macron n’était pas fondamentalement contre, mais ce n’est malheureusement plus possible. « No soucy » comme on dit dans les bureaux des « managers ». On sacrifie la France. Et l’Europe. C’est pour cela que Macron veut un néo-OTAN. Pour créer de la tension, faire taire les oppositions en politique intérieure, préparer les esprits à une éventuelle guerre, si cela devient un jour l’intérêt des Américains. Tel est le sens du propos de Macron sur l’éventualité d’envoi de troupes françaises (et européennes) au sol, mais aussi sur l’éventuelle européanisation de notre force de frappe, idée agitée depuis des années. Rappelons que, du point de vue américain, ce qui était « épatant » dans la IIe guerre mondiale, c’est que l’Allemagne et la Russie se massacraient mutuellement. C’est l’avenir de nos peuples européens qui est en jeu. Maîtrise de l’immigration, réindustrialisation et économie auto-centrée, relance de la natalité des autochtones : ce sont là des impératifs vitaux pour les peuples d’Europe. (…) Quand les Européens se débarrasseront des divers micro-Macron et autres agents de l’Internationale du Capital, l’Europe pourra revivre. » (Extraits de l'article « Troupes au sol ? Le vrai projet de Macron : une néo-OTAN » de Pierre Le Vigan)
« Soutien sans faille au gouvernement Netanyahou en Israël, rejet de la reconnaissance de la Palestine à l’ONU, aide de 95 milliards de dollars pour l’Ukraine, Israël et Taïwan, les États-Unis semblent lancés dans une fuite en avant tout azimut, entraînant avec eux leurs « alliés » français et britanniques, et faisant exploser les dépenses militaires et la dette publique, pendant que l’économie réelle s’effondre et que les ménages et les services publics sont soumis à une cure d’austérité. Les États-Unis ont tort de croire qu’ils peuvent accumuler de la dette fédérale sans provoquer une hausse de l’inflation et des taux d’intérêt dans le monde, entraînant à son tour la contraction des prêts et de l’aide au développement pour les pays les plus pauvres, la hausse de la pauvreté et par ricochet, l’émigration de millions de personnes en quête d’un travail sous-payé en Europe et en Amérique. En outre, il est de plus en plus difficile pour le Trésor américain de financer la dette américaine (32 900 milliards de dollars), une dette désormais hors de contrôle. Exprimée en pourcentage du PIB, la dette des États-Unis dépasse actuellement les 125 % (contre environ 111 % pour la France). Dans son récent rapport, au titre quelquepeu rabat-joie : « Des fragilités financières dans le dernier kilomètre de la désinflation », le FMI estime que le marché des bons du Trésor américain pourrait constituer une menace systémique à l’échelle mondiale. Un rapport à examiner à la lumière du fait que la Chine se détourne de plus en plus des bons du Trésor américain. Fin février, elle n’en détenait plus que 775 milliards de dollars, soit 22,7 milliards de moins que le mois précédent. Or, en août 2017, elle en comptait plus de 1146 milliards de dollars, soit près de 20 % du total de bons du Trésor américain détenus par l’ensemble des États étrangers, ce qui faisait de Beijing à l’époque le premier créancier des USA, devant le Japon. Aujourd’hui, c’est de nouveau le Japon qui arrive en tête et la Chine est sur le point d’être devancée par le Royaume-Uni. En extase suite au vote du budget de financement militaire par le Congrès, le président de la Chambre des représentants, Mike Johnson, a déclaré que tout cet argent allait « rester ici » — c’est-à-dire bénéficier à l’économie américaine. Et en effet, tous ces milliards vont bénéficier aux grands fabricants d’armes tels que Raytheon ou Boeing. Mais où sont les bénéfices pour la société lorsque le budget militaire atteint 1000 milliards de dollars par an et que le déficit budgétaire annuel, tout compris, dépasse les 2000 milliards de dollars ? La réalité est que les profits faramineux du complexe militaro-financier ont pour corollaire la destruction des moyens d’existence de la population. La situation de la majorité des États américains reflète cette dynamique. Dans l’Iowa, État agricole par excellence, le seul et unique secteur en plein essor est l’usine de munitions de l’armée, près de Burlington, dopé par les fonds du ministère de la Défense, tandis que les revenus du secteur agricole devraient baisser de 40 % en 2024. Les hôpitaux, les maisons de retraite et autres services publics sont en difficulté et ferment leurs portes, les écoles manquent d’enseignants, les ponts sont en piteux état. Pour toute réponse politique, la gouverneure de l’Iowa, Kim Reynolds, vient de signer un projet de loi autorisant les enseignants et les administrateurs des écoles publiques à porter sur eux une arme à feu, pour se protéger contre des élèves et des citoyens en proie au désespoir et à la folie, souvent abrutis par des jeux vidéo violents et des addictions diverses. Bien sûr, cette gangrène ronge aussi les économies des principaux pays occidentaux. En France, le président « docteur Folamour » Macron, s’applique à imposer l’austérité partout, tout en s’engageant chaque jour davantage dans la guerre à l’extérieur, pour le plus grand bénéfice des profiteurs de guerre « français ». En effet, le budget militaire a augmenté de 3 milliards en 2023 – une hausse historique – et le gouvernement prévoit de le porter de 44 milliards en 2023 à près de 70 milliards en 2030, pour atteindre plus de 400 milliards en sept ans. Il est urgent d’inverser la vapeur avant de franchir le point de non-retour. Le danger actuel n’est pas sans rappeler le « jeu des alliances » diplomatiques et militaires ayant conduit la France et l’Allemagne à s’entre-massacrer en 1914. Car le risque de dérapage stratégique est aujourd’hui au plus haut, en particulier dans un contexte où « les trois puissances nucléaires occidentales [États-Unis, Royaume-Uni et France] comptent parmi les principaux sponsors du régime criminel de Kiev et les principaux organisateurs de diverses provocations », comme l’a souligné le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov, lors de la conférence de Moscou sur la non-prolifération nucléaire. Rappelons que la présence de militaires français en Ukraine, hors du cadre de l’OTAN, en fait des cibles légitimes pour l’armée russe. » (Extraoits de l'article « Les États-Unis marchent sur la dette » de solidariteetprogres.fr)
« Alors que la folle croissance de la dette américaine de plus de 34 600 milliards de dollars continue d’inquiéter, les BRICS assènent un nouveau coup au billet vert. La Chine et la Russie, deux pays fondateurs de l’alliance, ont prévu 260 milliards de dollars d’échanges commerciaux sans recours au moindre dollar américain. Uniquement du rouble russe, du yuan chinois et un peu d’euros. D’autres membres de la coalition devraient bientôt leur emboîter le pas. Ayant perçu l’immédiateté de la menace, les USA réagissent en combinant menaces et diplomatie. Précisions. La Chine et la Russie accélèrent le plan de dédollarisation des BRICS  La menace de la dédollarisation des échanges mondiaux a dépassé l’étape de la rhétorique. Déterminées à détrôner le billet vert, la Chine et la Russie prévoient effectuer cette année, 260 milliards de dollars d’échanges sans utiliser un seul dollar. L’information a été relayée sur X par le célèbre analyste géopolitique indien S.L. Kanthan qui prédit une généralisation prochaine de cette initiative au sein des BRICS. En effet, l’année passée, la Chine et la Russie avaient effectué plusieurs échanges commerciaux officiels en yuan et en rouble. De même, la Russie effectue depuis un moment des transactions en yuan avec plusieurs pays dont le Japon, les Emirats Arabes unis, Singapour, la Malaisie, la Thaïlande, les Philippines, la Mongolie et le Tadjikistan. En accélérant la dédollarisation de ses échanges avec la Russie, la Chine poursuit son ambition de détrôner les USA, actuellement première puissance économique mondiale. Le pays a annoncé une croissance économique de 5% en 2024. Il fait aussi partie, en 2024, des plus grands investisseurs dans l’or, l’actif auquel la future monnaie des BRICS devrait être adossée. » (Article « BRICS : 260 milliards de dollars d’échanges commerciaux sans 1 seul dollar » de Luc José A.)
Or il apparaît que « Le déclin de l’hégémonie mondiale des États-Unis sanctionne la fin du siècle américain. Les États-Unis sont à la croisée des chemins : se retirer de la région ou provoquer un conflit de bien plus grande ampleur. Le retour de l’histoire dans les affaires géopolitiques mondiales a rendu un verdict sans appel : l’hégémonie mondiale est impossible. Le monde multipolaire aura pour protagonistes des États-Civilisations installés dans de vastes espaces continentaux, composés des peuples les plus divers, mais unifiés par des valeurs identitaires éthico-politiques communes. Gaza est l’épicentre d’un affrontement qui implique l’ensemble du Moyen-Orient comme théâtre d’un conflit géopolitique aux répercussions mondiales. Des acteurs majeurs tels que les États-Unis et l’Iran, soutenus par la Chine, la Russie et d’autres puissances mineures comme l’Afrique du Sud, sont également impliqués dans le conflit entre Israël et le Hamas. La domination sur l’ensemble du Moyen-Orient est en jeu. À Gaza, une phase de la Grande Guerre bat donc son plein. Du point de vue du Hamas, l’opération al-Aqsa représente donc un succès : la cause palestinienne est devenue décisive pour la reconfiguration politique de la région du Moyen-Orient, ainsi que pour la mise en œuvre des nouveaux équilibres géopolitiques mondiaux qui émergent de la Grande Guerre. En effet ce conflit marque la fin de l’alliance abrahamique. Avec ces accords, également signés par les États-Unis, après la reconnaissance de l’État juif par les Émirats arabes unis, le Bahreïn, le Maroc, et avec l’adhésion possible de l’Arabie saoudite, Israël prendrait un rôle de premier plan dans la coalition et le statut de première puissance militaire et financière de la région, dans le cadre de la restauration d’une hégémonie américaine indirecte au Proche-Orient. Après le 7 octobre, Israël est isolé et menacé, dans un contexte de pays hostiles soutenus par les puissances du BRICS+.
Le Chaosland actuel découle de la décadence des États-Unis, seule superpuissance garante de l’ordre mondial unilatéral. Les États-Unis sont depuis longtemps en proie à une crise d’identité qui a généré une profonde conflictualité au sein de la population. Les mythes fondateurs qui sous-tendaient les valeurs unificatrices dans lesquelles le peuple américain s’est toujours reconnu ont disparu. Le mythe messianique de la destinée manifeste qui légitimait l’expansionnisme américain à l’échelle mondiale a disparu. Les défaites répétées dans les guerres préventives contre les «États voyous» ont profondément affecté l’identité politique et culturelle même des États-Unis. En moins de trente ans, le Numéro Un est passé de l’unipolarité géopolitique à la bipolarité psychique. Dans le conflit israélo-palestinien, l’hégémonie sur le Moyen-Orient est en jeu entre deux prétendants : États-Unis – Israël et Iran – BRICS. Les États-Unis sont donc à la croisée des chemins : soit ils se retirent de la région, soit ils provoquent un conflit beaucoup plus important. L’objectif premier des États-Unis est de contenir l’influence iranienne au Moyen-Orient. En cas de retrait américain de Syrie et d’Irak, les conséquences géopolitiques seraient dévastatrices pour les États-Unis : outre l’isolement d’Israël, un retrait américain donnerait lieu à une expansion économique et politique de la Chine et de la Russie dans la région, renforcerait le statut de la Turquie en tant que puissance régionale et entraînerait la fin de l’influence américaine dans la péninsule arabique, puisque l’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis feraient partie du nouvel équilibre géopolitique au Moyen-Orient. De plus, comme après l’abandon de l’Afghanistan, la crédibilité de la dissuasion américaine est déjà au plus bas, un nouveau retrait, même du Moyen-Orient, compromettrait considérablement la Maison-Blanche (et les USA).
Ayant échoué dans leur stratégie de domination indirecte, c’est-à-dire exercée grâce à la primauté d’Israël dans la région, les États-Unis, dont l’implication directe dans un conflit plus large est souhaitée par l’État juif, n’auraient plus que l’option de la guerre totale pour restaurer leur hégémonie. Une telle option est impraticable pour les États-Unis. En effet, l’Amérique devrait s’engager dans une guerre contre l’Iran et ses alliés tout en devant contenir la Chine dans le Pacifique (qui est sa priorité stratégique), soutenir l’Ukraine dans sa guerre contre la Russie, et aussi préserver sa présence dans une Afrique minée par l’expansion des puissances des BRICS. Ce même soutien américain inconditionnel à Israël, en plus de susciter une vaste vague d’antisionisme et d’antiaméricanisme à travers le monde, a eu pour effet de miner sérieusement les relations des États-Unis avec leurs alliés arabes dans la région. Ajoutez à cela le fait que le pouvoir thalassocratique américain n’est même plus en mesure de garantir la sécurité des voies de navigation marchande dans le monde. En mer Rouge, la mission Aspides est en cours pour protéger les navires marchands en route entre Ormuz, le golfe d’Aden et Suez, en tant que bouclier naval de défense contre les actions hostiles des Houthis. Une telle situation est d’ailleurs reproductible à l’échelle mondiale, dans tous les détroits océaniques d’importance vitale pour le commerce mondial. Et les foyers de conflits se multiplient partout. La surexposition américaine dans le monde est évidente : l’insoutenabilité de son statut de superpuissance mondiale est la cause de son déclin. En outre, en Israël comme aux États-Unis, la domination de la technocratie a entraîné une absence de stratégie militaire et politique, ce qui ne peut que conduire à une débâcle géopolitique irréversible. La disparition de l’hégémonie mondiale des États-Unis est un symptôme évident de la fin du siècle américain. Alian de Beniost, dans un livre datant de 1976 et intitulé «Le mal américain», a formulé des considérations sur le destin des États-Unis qui pourraient s’avérer prophétiques aujourd’hui : «L’Amérique d’aujourd’hui est un cadavre en bonne santé. Avec son immense puissance matérielle, avec son extension géographique, avec son goût du gigantisme et avec la fructification de son capital, (tout comme l’Union soviétique) elle a su créer des illusions. En mettant l’accent sur les facteurs matériels, sur les éléments quantifiables, elle a imposé au monde l’idéal de la super-production. Mais cela suffit-il à garantir son éternité ? Prisonniers du désir de «vivre vite» (fast life), les États-Unis disparaîtront aussi brutalement qu’ils ont surgi ; plus tôt qu’on ne le pense, peut-être. À l’échelle des nations, ils auront été ce que certains hommes sont à l’ordre des individus : des aboyeurs bruyants et doués, mais qui ne laissent pas de trace parce que leur œuvre est une esbroufe. L’Empire romain, après avoir été une réalité, a été une idée, qui a façonné la vie de l’Europe pendant mille ans. L’«empire» américain ne peut durer que dans son présent. Il peut «être», mais il ne peut «transmettre». Ayant tout consommé avant d’arriver à maturité, il n’aura rien à laisser en héritage». Les États-Unis pourraient être considérés par les historiens du futur comme un phénomène historique rapidement obsolète, au même titre que les biens de consommation du système capitaliste qui, en plus d’avoir détruit les peuples, les cultures, la nature et les ressources, est en train de s’autodétruire avec ses crises progressives. Le retour de l’histoire dans les événements géopolitiques mondiaux a prononcé une sentence sans appel : l’hégémonie mondiale est donc bien impossible.
Le monde a changé depuis 20 ans, l’hegemon américain et la domination euro-atlantiste cède la place à de nouvelles puissances. Face à la montée de ces nouveaux arrivants tels que la Chine, l’Occident peut soit les considérer comme un risque et un danger, soit choisir de collaborer, de coopérer.
« Nous devons défendre l’émergence d'un monde multipolaire. Ceux qui tentent de maintenir leur domination sur les décisions dans toutes les domaines doivent savoir que le caractère pacifique de ce processus (la création d’un monde multipolaire) dépend de leur comportement », a précisé Poutine en visite en Chine lors d’une conférence de presse. En effet si l’Occident continue à s’opposer à l’émergence de la multipolarité, l'axe multipolaire sera obligé de lutter contre cette tentative, non pas contre l’Occident, mais contre l’hégémonie en tant que telle. D'ailleurs le président russe a ajouté qu'un nouvel ordre mondial multipolaire est en train d'émerger et a déclaré : « Il ne fait aucun doute que cet ordre mondial prend forme sous nos yeux et que le monde deviendra multipolaire. Je pense que tout le monde le sait très bien et en est conscient. »
L’agence de presse officielle russe RIA-Novosti rapporte, citant Poutine, que les relations russo-chinoises ne sont « dirigées contre personne ». « Les relations entre la Russie et la Chine ne sont ni opportunistes ni dirigées contre qui que ce soit », a déclaré Poutine, ajoutant : « Notre coopération dans les affaires internationales est l'un des facteurs de stabilisation sur la scène internationale ». « Ensemble, nous défendons les principes de justice et un ordre mondial démocratique qui reflète les réalités multipolaires et est fondé sur le droit international », a aussi indiqué Poutine.
« Nous devons étudier les différentes versions du processus de participation et de mondialisation. Vous, les Chinois, avez une expérience très particulière en la matière. Vous êtes entrés dans la mondialisation en tant que pays plus ou moins retardé dans son développement. Pendant et après les réformes, vous avez réussi à utiliser la participation à la mondialisation en votre faveur. Vous en avez tiré tous les avantages et vous avez sauvé et renforcé la souveraineté et le pouvoir du Parti communiste chinois (PCC). Ces éléments ont garanti à votre pays une certaine stabilité. L’expérience russe de la participation à la mondialisation a été tout à fait différente. Tout d’abord, nous avons perdu l’ordre (stabilisateur). Nous avons perdu notre système de cohésion géopolitique, y compris notre contrôle sur l’Europe de l’Est. Nous avons perdu les pays du Pacte de Varsovie et les avons cédés à l’OTAN. Nous avons accepté les valeurs occidentales, les systèmes occidentaux, le type de constitution occidentale, et nous avons perdu tous les atouts de l’Union soviétique. Nous avons également perdu nos industries, notre économie et notre système financier. Nous avons tout perdu dans les années 1990. Il s’agit donc de deux expériences différentes du processus de mondialisation. La Chine a adopté un meilleur style et a réalisé une croissance rapide tout en préservant son indépendance et sa souveraineté. Aujourd’hui, la sagesse de Deng Xiaoping et du PCC, au cours de toutes ces décennies, se manifeste clairement. Lorsque Poutine est arrivé au pouvoir, il a commencé à restaurer la souveraineté de la Russie étape par étape. La souveraineté a été placée au centre de sa politique. Et lorsque nous avons été coupés de l’économie occidentale mondialiste, nous n’avons rien perdu. Mais nous avons gagné parce que nous avons été obligés de suivre notre propre volonté, même si cela peut nous faire perdre certains intérêts. En même temps, nous n’avons pas été isolés et nous avons redécouvert que nous n’étions pas seuls dans ce monde.  Nous avons de nombreux partenaires, comme la Chine, le monde islamique, l’Inde, etc. Nous avons également découvert qui est prêt à coopérer avec nous. Nous avons découvert que de plus en plus de pays sont intéressés par un partenariat économique avec la Russie. Nous avons découvert les autres remplaçants de l’Occident, comme les pays d’Afrique et d’Amérique latine ; nous avons donc perdu l’Occident, mais nous avons découvert « le reste ». » (Alexandre Dougine)
L’avènement du monde multipolaire préfigure la résurrection de l’histoire sur les cendres d’un monde unipolaire autoréférentiel dirigé par les États-Unis, configuré idéologiquement comme la «fin de l’histoire», auquel succéderait un libre marché mondial inspiré des vieux dogmes idéologiques libéraux «hors de l’histoire». Les événements qui se sont déroulés dans la région MENA au cours des dernières décennies sont révélateurs d’une nouvelle phase historique qui entraînera une profonde redéfinition de l’ordre géopolitique mondial. La défaite de l’Occident en Syrie et en Irak, ainsi que la fuite des États-Unis d’Afghanistan, ont sanctionné la fin de la stratégie du chaos, mise en œuvre avec les printemps arabes, les révolutions colorées et, avec elles, la fin de l’expansionnisme américain à l’échelle mondiale. La défaite en Syrie pourrait devenir le carrefour de l’histoire contemporaine, le «Stalingrad» des États-Unis et de l’Occident tout entier. Les guerres de libération du Moyen-Orient ont donné naissance à l’Axe de la résistance, au sein duquel convergent des groupes ethniques, des cultures et des religions différents, mais qui sont unifiés par des intérêts et des stratégies communs. Une grande guerre est en cours, qui, au Moyen-Orient, est configurée comme une guerre anticoloniale, puisqu’Israël subsiste en tant qu’épicentre de l’hégémonie coloniale occidentale dans la région. La fin du colonialisme est également sanctionnée par le déclin des États du Moyen-Orient, qui ont été créés sur la base des partitions coloniales du siècle dernier. Les États ne disparaîtront pas, mais ils prendront une configuration entièrement différente. De nouvelles patries transnationales fondées sur des valeurs spirituelles, culturelles, identitaires et religieuses sont apparues, indépendantes des paradigmes ethnico-linguistiques de l’État-nation occidental. De la lutte commune contre l’Occident hégémonique sont nées des communautés non étatiques qui revendiquent la dignité, l’indépendance et la reconnaissance. De la lutte pour la liberté et l’indépendance naissent les valeurs communautaires fondatrices des homelands, et les guerres de libération génèrent une force motrice décisive pour l’émancipation et le développement des peuples, étant donné la nécessité vitale de s’opposer à une puissance dominante plus forte, économiquement, militairement, politiquement. Les patries individuelles pourront être reconnues dans le cadre d’instances supranationales plus larges. Le monde multipolaire aura pour protagonistes des États-Civilisations installés dans de vastes zones continentales, composés des peuples les plus divers, mais unifiés par des valeurs identitaires éthico-politiques communes. Le Moyen-Orient est configuré comme un laboratoire géopolitique dans lequel émerge un nouveau monde multipolaire, déjà en gestation avec la création du groupe BRICS. Un modèle géopolitique paradigmatique qui peut être reproduit dans les contextes les plus divers. Un monde composé d’entités supranationales : une renaissance en version moderne des anciens empires. » (Extraits de l'article « Le Moyen-Orient : le laboratoire géopolitique du nouveau monde » de Luigi Tedeschi)
« Le système économique et politique occidental est « désespérément dépassé et devient donc un système fermé et totalitaire », affirme l’universitaire italien Fabio Vighi. Les quelques super-riches (0,01 %) qui profitent encore du système capitaliste sont prêts à tout pour prolonger son existence. La dernière astuce des banquiers pour gérer et ralentir l’effondrement est toujours la même : la guerre. Les gestionnaires du mécanisme capitaliste basé sur la dette sont des « technocrates à la recherche du profit dont le principal trait psychologique est la psychopathie », diagnostique M. Vighi. Ils sont « tellement dévoués au mécanisme qu’ils en sont devenus les prolongements – comme des automates, ils travaillent sans relâche pour le mécanisme, sans aucun remords pour la destruction de la vie humaine qu’il provoque ». Cependant, la psychopathie n’est pas l’apanage de la clique financière transnationale, mais s’étend à l’élite politique (des chefs de gouvernement aux administrations locales) et à ce que l’on appelle l' »intelligentsia » (qui comprend divers experts, scientifiques, philosophes, journalistes et artistes). En d’autres termes, « quiconque entre dans le système doit en accepter les règles et, en même temps, en adopter ipso facto les caractéristiques psychopathologiques. C’est ainsi que l’objectivité capitaliste aveugle (la recherche du profit) devient inséparable des sujets qu’elle représente », philosophe Vighi. Mais les technocrates désaxés surestiment-ils leur capacité à mettre en place un système fermé qui pourrait encore masquer la décadence du capitalisme ? « D’abord la farce tragique de la pandémie et maintenant les vents froids de la guerre en cours mettent à l’épreuve la confiance des citoyens moyens dans leurs institutions représentatives », spécule M. Vighi. Il était relativement facile pour les opportunistes de la classe politique d’améliorer leur profil et de faire taire les sceptiques pendant l’urgence de l’ère Corona, mais « l’implication dans le génocide de Gaza, combinée à la création d’un front néo-mcarthyste et anti-russe et à l’accélération de la course aux armements, pourrait commencer à saper la confiance de la majorité silencieuse ». « Dans la nouvelle normalité totalitaire, nous faisons l’expérience d’une hyperréalité théorisée par Jean Baudrillard, qui n’est ni un fait ni une fiction, mais un contenant narratif qui les a remplacés tous les deux », explique M. Vighi en reprenant les termes du célèbre chercheur français en sciences sociales. « Ainsi, le nettoyage ethnique brutal de Gaza se poursuit à toute vitesse, tout en exprimant sa préoccupation pour le sort des civils, en s’opposant à l’extrémisme et en mettant en garde contre les dangers de l’antisémitisme rampant ». « Dans le même temps, on nous rappelle 24 heures sur 24 que les Russes (qui d’autre ?) préparent une attaque nucléaire depuis l’espace et une attaque contre l’Europe. » Ce « tourbillon d’informations médiatiques crée un état d’hypnose collective qui s’avère plus efficace que la censure traditionnelle ». Le discours officiel et stérilisé sur Gaza ou l’Ukraine, par exemple, « se transforme constamment en un discours sur le discours lui-même, strictement délimité par des binaires moralement préformulés (par exemple, démocratie/terrorisme) ». Vighi, homme de gauche, ramène tout à la vie économique, de sorte que même la manipulation actuelle des masses est historiquement établie « en tant que résultat de la virtualisation économique, dans laquelle la rentabilité du travail salarié a été remplacée par la rentabilité simulée du capital spéculatif ». Qu’il s’agisse d’un effondrement ou d’une correction drastique, les marchés financiers bénéficieront de l’augmentation des dépenses de défense. La production militaire pour les « engagements de sécurité à long terme » est désormais un soutien essentiel à une croissance réelle de plus en plus faible, mesurée par le PIB. « Par exemple, sur les 60,7 milliards de dollars alloués à l’Ukraine dans le dernier plan d’aide, 64 % vont à l’industrie militaire américaine. La source n’est pas le TASS de Poutine, mais le Wall Street Journal, qui admet également que depuis le début du conflit en Ukraine, la production industrielle américaine dans le secteur de la défense a augmenté de 17,5 % », précise M. Vighi. « La psychopathie qui alimente la guerre est en fin de compte une extension de la psychopathie économique, le résultat d’une prise de risque spéculative incontrôlée », conclut M. Vighi. L’industrie de l’armement est « un gardien de type Cerbère du capitalisme financier qui, dans sa version traditionnelle – un monde fantastique de plein emploi, de consommation de masse hédoniste, de croissance sans fin et de progrès démocratique – est mort et enterré depuis un certain temps ». Par conséquent, l’objectif inavoué des États-Unis et de leurs États vassaux est de « maintenir l’hégémonie militaire en tant qu’épine dorsale de l’hégémonie du dollar, et de protéger le stock de dette toxique déjà virtuellement insoutenable ». C’est pourquoi le Premier ministre estonien, Mme Kaja Kallas, a recommandé à l’UE la même stratégie de politique économique qu’à l’époque du coronatralalavirus : cette fois, il s’agit d’émettre des euro-obligations d’une valeur de plus de 100 milliards d’euros pour relancer l’industrie de guerre de l’UE. Emprunter pour faire face à la menace russe et à d’autres « urgences apocalyptiques » promues par les (faux) médias du pouvoir est le dernier modèle économique du capitalisme de crise occidental. Les puissances vassales de l’Amérique, la Grande-Bretagne et les pays de l’euro, ont rapidement commencé à s’armer. Alors que les tambours de guerre résonnent, nous entrons dans une « ère d’endettement militaire croissant ». Comme l’a prédit le ministre britannique de la défense Grant Shapps, dans les années à venir, non seulement la Russie, mais aussi les autres ennemis jurés de l’Occident, la Chine, l’Iran et la Corée du Nord, figureront dans une série de théâtres de guerre motivés par des considérations économiques. Comme l’a déclaré Julian Assange en 2011, en faisant référence à l’Afghanistan, « l’objectif est une guerre sans fin, pas une guerre gagnée ». Si l’on considère les conflits actuels dans le monde, il est plus probable que leur nombre augmente plutôt qu’il ne diminue. Vighi prévient toutefois qu’il serait « trompeur de croire que le récit du « noble engagement militaire » de l’Occident n’est que le dernier épisode d’une série Netflix que nous pouvons nous permettre de regarder depuis nos canapés, à bonne distance ». Alors que le capitalisme financier vacille, ceux qui continuent à en profiter n’hésitent pas à sacrifier aux « bombes démocratiques » non seulement des populations comme les Palestiniens, longtemps abandonnées à une misère inhumaine, mais aussi les habitants des pays occidentaux, que la psychélite valorise « autant que du bétail en pâture avec un smartphone collé à leur museau ». « L’appel aux armes désormais permanent (contre le virus, Poutine, le Hamas, les Houthis, l’Iran, la Chine et tous les méchants à venir) sert de couverture désespérée et criminelle à une logique financière défaillante, à la merci du déclin économique et des crédits constants distribués sur les écrans d’ordinateur des banques centrales », déclare Vighi. Le drame de l’urgence doit se poursuivre sans interruption, faute de quoi la bulle des profits éclatera. La cabale des banques centrales – la superclasse qui possède la Réserve fédérale et les sociétés de gestion d’actifs – « aura bientôt besoin de l’effet de levier de nouvelles urgences pour justifier la baisse des taux d’intérêt et l’injection de liquidités fraîchement imprimées dans le système ». Dans ce scénario de crises multiples, la classe moyenne occidentale est prisonnière de son passé. Elle est convaincue que « le capitalisme libéral démocratique d’après-guerre est non seulement fondamentalement juste en tant que modèle d’organisation sociale, mais aussi éternel et indiscutable ». Ce n’est pas vrai, bien sûr, mais il est difficile de se défaire de l’illusion et de l’indulgence. L’illusion est née pendant la Grande Dépression, lorsque les gens jouissaient d’un boom économique et faisaient partie d’un contrat social rentable, résultat de la « destruction créatrice » causée par les deux guerres mondiales. Aujourd’hui encore, nous sommes perdus dans le brouillard de la guerre. L’histoire va-t-elle bientôt se répéter ? » (Article « Le système fermé du capitalisme de guerre » de Markuu Siira)
« La déglobalisation, en faisant éclater le corset de la pax americana, rend plus difficile sinon impossible la mise en place de coalitions occidentales contre un adversaire isolé et considérablement inférieur, militairement et économiquement. La Russie, l’Iran ou la Chine ne sont pas la Serbie, l’Irak ou la Libye. La crise syrienne à montré qu’un petit État, s’il est solide politiquement, pouvait résister à une agression occidentale pour peu qu’il soit soutenu. C’est d’ailleurs cet attelage qui a permis au Vietnam de gagner sa guerre ou à la Corée du nord de ne pas disparaître. L’intervention russe en Syrie marque un tournant militaire et géopolitique. La guerre d’Ukraine un tournant économique et technologique. D’abord à la grande surprise de ses leaders, l’Otan s’avère moins capable que la Russie à soutenir une guerre longue, que l’on pourrait presque se hasarder à considérer comme une réponse de l’histoire à la course aux armements et à la guerre des étoiles qui avaient asphyxié économiquement la Russie. Ensuite, la Russie s’est révélée en avance techniquement sur un certain nombre d’armements de premier plan. Les États-Unis restent sur leur position belliciste, considérant la Chine comme leur adversaire majeur pour les années à venir, ainsi que l’a si délicatement confirmé Joe Biden lors de sa fameuse conférence de presse en clôture du sommet de San Francisco. L’élite américaine apparaît incapable de sortir de sa rhétorique de puissance dominante agressive, et tape du pied quand on lui résiste comme un enfant égoïste qui exige que l’on fasse ses quatre volontés. La Chine, en position de force diplomatique et économique, répète patiemment son credo: nous ne recherchons pas la domination mondiale mais le développement pacifique et commercial des relations entre pays égaux. La stratégie anglo-saxonne est de préparer la guerre pour faire pression sur les forts, de la faire contre les faibles – y compris au moyen de coalitions ( à vaincre sans péril…) – de semer le chaos sur la planète et la dissension chez leurs rivaux ou considérés par eux comme tels (révolutions de couleur…). Éternelle politique de la canonnière. La Chine a souffert de cette politique au 19e siècle. Soyons assurés que les dirigeants chinois ont de la mémoire et fondent leur politique sur la connaissance de l’histoire et de la morale politique anglo-saxonne, plus que sur les narratifs auto-légitimants des occidentaux. Narratifs qui ne sont écoutés que par des foules occidentales peu cultivées politiquement et soumises à une propagande constante. Les occidentaux n’ont qu’une vision conflictuelle des rapports internationaux, même s’il faut se garder de tout angélisme : si les États n’ont pas d’états d’âme lorsqu’il s’agit de leurs intérêts, cette constatation est tout aussi valable pour la Chine que pour les USA. Cette vision est tout de même significative d’une mentalité impériale où la conquête et le maintien de territoires sous tutelle sont les aspects essentiels. Cela ne saurait être la vision d’un État qui n’a ni les moyens ni l’intérêt à tenter de s’emparer de territoires appartenant à ses voisins, surtout dans une confrontation du faible au fort. Pour conclure laissons la parole au chef de l’État chinois, Xi-Jinping : « La concurrence entre grandes puissances ne résoudra pas les problèmes auxquels la Chine, les États-Unis et le monde sont confrontés. Cette planète est assez grande pour la Chine et les États-Unis. Le succès de chacun est une chance pour l’autre. Il y a deux options pour la Chine et les États-Unis à l’ère des transformations mondiales sans précédent depuis un siècle : L’une consiste à renforcer la solidarité et la coopération et à se donner la main pour relever les défis mondiaux et promouvoir la sécurité et la prospérité dans le monde ; l’autre consiste à s’accrocher à la mentalité du jeu à somme nulle, à provoquer des rivalités et des confrontations et à conduire le monde vers l’agitation et la division. Ces deux choix indiquent deux directions différentes qui décideront de l’avenir de l’humanité et de la planète Terre. » » (Extraits de l'article « BRUIT DE BOTTES DANS LA ZONE ASIE-PACIFIQUE » de Franceschino Guicciardini)
« Influencée par le messianisme américain, la politique, et ce tout particulièrement en matière de relations internationales, tend de plus en plus à se réduire à un combat manichéen entre un camp du bien et un camp du mal, effaçant toutes les nuances et subtilités qui permettent d’appréhender la complexité des situations. L’ennemi est diabolisé (Milosevic et Saddam Hussein hier, Poutine aujourd’hui) pour justifier ce combat contre le mal qui ne peut laisser d’autre issue que l’écrasement de la bête infâme, bref une victoire totale sans négociation envisageable. Peut-on évoquer la recherche de la paix (comme le fait le pape François), paix qui suppose forcément le compromis et non uniquement une victoire à n’importe quel prix (les milliers de morts du conflit semblent pour nous bien loin), sans être aussitôt taxé de « munichois » ou de « poutiniste » ? Examinons factuellement ce qui a tant choqué dans l’ouvrage d’Emmanuel Todd.  Ce dernier ne justifie pas la guerre menée par les Russes contre l’Ukraine, il essaie de la comprendre et d’analyser la situation de la Russie, des États-Unis et de l’Europe pour en dessiner l’issue possible. Pour la comprendre, Todd n’innove pas et reprend les arguments habituels : l’expansion de l’OTAN vers la frontière russe, les ingérences étrangères en Ukraine lors de la « révolution orange » (2004-2005) et celle de Maïdan (2014), qui chasse du pouvoir un président pro-russe démocratiquement élu, le fait que le Donbass et la Crimée sont des régions historiquement russes peuplées de Russes, la persécution de la langue et de la culture russes par les gouvernements ukrainiens depuis 2014, etc. Todd évoque également les « néonazis ukrainiens », mis en avant dans les discours de Poutine pour justifier son agression. Ceux-ci existent assurément, mais Todd en limite fortement la portée, même s’il s’interroge sur le silence de l’Occident face, par exemple, au fait que Stephan Bandera, qui s’est battu aux côtés des nazis pendant la guerre, est un héros national dont une avenue porte le nom à Kiev. Poutine avait prévenu qu’il jugeait ces éléments comme une menace existentielle contre la Russie et qu’il réagirait, y compris par la guerre. Ce qu’il a fait. Cela n’aurait pas dû nous surprendre.  Là où Todd innove, c’est dans sa description de « la stabilité russe » et de l’instabilité occidentale qui la conduit au « nihilisme », raison pour laquelle il parle de « défaite de l’Occident » et donc de victoire russe, inévitable selon lui. Cette « stabilité russe », il l’explique par une économie restaurée par Poutine qui récupère en 1999 un pays au bord du chaos : on vit mieux aujourd’hui en Russie qu’il y a vingt ans. Depuis les premières sanctions économiques de 2014, la Russie s’est adaptée pour ne pas trop dépendre de l’Occident, si bien que les nouvelles sanctions décrétées par l’Union européenne après l’invasion du 22 février 2022 ont peu affecté la Russie, la principale victime ayant été… l’Europe elle-même, fortement dépendante du pétrole et du gaz russes. Mais, pour étayer ses dires, Todd s’appuie surtout sur des chiffres : la baisse substantielle des taux de décès par alcoolisme, suicide et homicide, ainsi que celle de la mortalité infantile, chiffres désormais plus faibles que ceux des États-Unis. Pour notre auteur, ces chiffres traduisent « un état de paix sociale, la redécouverte par les Russes […] qu’une existence stable était possible (ce que Poutine a d'ailleurs légitimement considéré comme un force lors de son intronisation en mai 2024, dont par rapport au progressisme nihiliste actuel). » (p. 39). Todd voit aussi la preuve de la justesse de son analyse dans le fait que la Russie, dont le PIB représente environ 3 % de celui de l’Occident, parvient à produire plus d’armements que ses adversaires coalisés. Il le rattache aussi au fait que la Russie, en proportion de sa population, produit beaucoup plus d’ingénieurs que les États-Unis ou la France (23,4 % des étudiants, contre 7,2 % en Amérique), où les jeunes sont attirés par les filières lucratives que sont le droit, la finance ou les écoles de commerce. La Russie, dans ce tableau, a néanmoins une faiblesse fondamentale : sa basse fécondité, qu’elle partage au demeurant avec l’ensemble de l’Occident (1,5 enfant par femme). Ce point est essentiel et permet de comprendre pourquoi la Russie, contrairement à ce que l’on nous serine, mène en Ukraine une guerre de basse intensité. Si Poutine a sûrement été surpris par la résistance ukrainienne, il n’a cependant engagé que 120 000 hommes dans son attaque de l’Ukraine, car il cherche à économiser ses soldats en vue d’une guerre longue. Todd juge ainsi absurde l’hypothèse d’une volonté russe d’envahir une partie de l’Europe du Nord, car il n’en a pas les moyens humains (sauf s'il se sert voire naturalise les combattants volontaires du monde entier). Bref, Todd ne voit pas en Poutine l’héritier de Staline, il le voit en continuateur de l’histoire russe à la tête d’une « démocratie autoritaire ». En face, Emmanuel Todd nous dépeint un Occident en crise, nos démocraties libérales étant devenues des « oligarchies libérales » : oligarchies, car la déconnexion entre l’élite et le peuple, ce dernier ne se sentant plus représenté, est devenue un lieu commun, les études de David Goodhart, Christophe Guilluy ou Jérôme Fourquet le prouvant suffisamment ; libérales, car la protection des minorités est devenue l’obsession de l’Occident.  Ce tableau est encore assombri par ce que Todd nomme « l’état zéro » de la religion qui touche désormais l’Occident depuis les années 2010. Il distingue en effet trois phases de la religion : « active », quand la pratique est forte ; « zombie », quand la pratique est résiduelle mais que subsistent encore les trois rites de passage (baptême, mariage et mort) qui supposent encore une culture religieuse ; et « stade zéro » où il ne reste rien, l’incinération devenant majoritaire et le mariage homosexuel passant dans la loi. Cet effondrement de la religion, et du protestantisme particulièrement qui avait été pour Todd « la matrice du décollage de l’Occident » (par son importance accordée à l’éducation), a entraîné un cercle vicieux qui touche surtout les États-Unis : alors que la religion a promu l’instruction, son développement jusqu’au niveau universitaire « restratifie la population, il fait s’éteindre l’ethos égalitaire que l’alphabétisation de masse avait répandu, et, au-delà, tout sentiment d’appartenance à une collectivité. L’unité religieuse et idéologique vole en éclats. S’enclenche alors un processus d’atomisation sociale » (p. 258). Todd voit poindre aux termes de cette évolution le « nihilisme » dont la forme la plus achevée est le déni de la réalité qui se manifeste tout particulièrement dans le poids du lobby LGBT et la révolution « trans » (qu’un homme puisse devenir une femme et vice-versa). En se parant de « valeurs traditionnelles » contre cette « décadence de l’Occident », la Russie développe un soft power influent auprès du reste du monde.  Nous sommes loin d’avoir été exhaustif ; ce bref panorama montre cependant une analyse qui est évidemment critiquable, mais qui ne mérite pas le mépris affiché par nos médias. On notera notamment l’importance que Todd prête à la famille et à sa structure (nous n’avons pu nous y arrêter), ainsi qu’à la religion. Ce sont deux points essentiels qui devraient nous conforter, nous chrétiens, qui défendons le rôle central de la famille et qui pensons que nos sociétés perdent leur âme en se déchristianisant. Là où nous divergeons avec Todd, c’est qu’il n’envisage en rien un rebond possible du christianisme en Occident : certains chiffres lui donnent certes raison, mais il méconnaît les ressorts d’une jeunesse chrétienne avide d’absolu (comme les musulmans pratiquants) qui existe pourtant bel et bien dans des pays comme la France et les États-Unis. » (Extraits de l'article « La défaite de l’Occident, analyse du livre d’Emmanuel Todd » de Christophe Geffroy)
« Dans son dernier livre, Todd affirme que l’effondrement de l’empire américain a été causé par «l’évaporation» du protestantisme, ce qu’il décrit comme sa grammaire cachée. L’Amérique fait maintenant face à une défaite en Ukraine à cause de la disparition complète du fondement chrétien de sa culture, «un phénomène historique crucial qui, justement, explique la pulvérisation des classes dirigeantes américaines». Le protestantisme, qui «dans une large mesure a été la force économique de l’Occident, est mort». Les États-Unis et l’Angleterre ont été pris dans une «dérive centripète, narcissique puis nihiliste», qui a conduit l’empire actuel et son prédécesseur à quelque chose que Todd appelle l’«État zéro», qu’il définit comme un État-nation qui est «n’est plus structurée par ses valeurs d’origine», ce qui signifie que l’éthique protestante du travail et le sentiment de responsabilité qui animaient auparavant sa population se sont évaporés. Trump et Biden incarnent l’apothéose de l’État zéro parce que les décisions de Washington sous les deux administrations ont cessé d’être morales ou rationnelles. L’État Zéro a été précédé par l’État Zombie, qui conserve la forme mais est vidé de son contenu. Todd voit Benjamin Franklin comme un zombie protestant typique, qui ne pratique plus sa religion mais conserve son éthique, attaché aux valeurs d’honnêteté, de travail, de sérieux, et toujours conscient que l’homme n’a qu’un temps limité. La société protestante zombie est apparue en Europe lorsque l’Allemagne et la Grande-Bretagne ont créé un monde dans lequel la pratique religieuse se flétrit mais où les valeurs sociales de la religion persistent, ainsi que les rites de passage prescrits par les différentes Églises. Ni le baptême, ni le mariage, ni les obsèques ne sont remis en question. Mais, signe que l’Occident ne respecte plus le commandement biblique de «croissez et multipliez-vous», la fécondité est en baisse dans les classes moyennes. Privée de sa supervision, l’éthique protestante du travail en Grande-Bretagne a basculé dans le nationalisme pur. Selon Todd, la disparition du protestantisme a donc mené au nihilisme, ce qui est étroitement lié au satanisme. Parce que la nature a horreur du vide, le vide créé par la disparition du protestantisme a été comblé par le «nihilisme», que Todd définit comme «un amoralisme découlant d’une absence de valeurs». Le nihilisme, nous dit-il à un autre moment, «nie la réalité et la vérité ; c’est un culte du mensonge». Le nihilisme mène au narcissisme, qui sont tous deux basés sur un déni de la réalité qui est devenue une pandémie dans les sociétés qui prétendent que «un homme peut devenir une femme, et une femme peut devenir un homme», une affirmation que Todd décrit comme fausse et «proche du cœur théorique du nihilisme occidental». Parce que «le bien et le mal […] ont perdu leur nom», un homme peut devenir une femme si le décret puissant le permet. Cela a des ramifications politiques parce que cela signifie également qu’un traité nucléaire avec l’Iran sous Obama peut se transformer, du jour au lendemain, en un régime de sanctions aggravées sous Trump. Todd indique que le satanisme est la grammaire cachée de l’État Zéro, de façon oblique, quand il prétend qu’un «rituel satanique» («une sorte de rituel économico-philosophico-satanique») a servi de point de démarcation entre l’ère de l’élite WASP et le moment où la synagogue de Satan lui a succédé en tant que classe dirigeante de l’Amérique. Aveuglé par les catégories superficielles de Max Weber qu’il s’est appropriées, Todd ne voit pas non seulement que la grammaire cachée du protestantisme est satanique, mais aussi et surtout que l’Amérique est devenue le Grand Satan lorsque les juifs ont repris en mains sa culture. Todd insiste sur le fait que la disparition du protestantisme est «la clé explicative décisive» pour comprendre «la turbulence mondiale actuelle», sans nous dire qui a succédé aux WSAP en tant que nouvelle classe dirigeante américaine. Todd affirme que «l’extinction religieuse» a conduit à «la disparition de la morale sociale et du sentiment collectif ; à un processus d’expansion géographique centrifuge combiné à une désintégration du cœur originel du système», comme si c’était un acte impersonnel de la nature sans acteurs humains à la barre. Le satanisme a été la trajectoire de l’empire anglo-américain depuis que Satan a prononcé son célèbre discours au début du poème épique protestant Paradise Lost. La foi a retenu la République américaine pendant un certain temps, mais l’émergence de l’Empire américain après la Seconde Guerre mondiale a été un long plongeon dans le satanisme. Comme Satan, le sombre personnage qui accueille Young Goodman Brown dans la forêt, le pasteur puritain explique que «le mal doit être votre seul bonheur». L’Amérique, si l’on entend par là la quatrième grande religion du monde, n’est depuis lors qu’un long pacte avec le diable. Benjamin Franklin était connu comme le Prométhée américain parce qu’il avait volé le feu des cieux le jour où il avait fait voler un cerf-volant avec une clé suspendue à celui-ci pendant un orage, pour socker l’électricité qui coulait en elle dans un bocal de Leyde, comme une étape préliminaire pour apprivoiser cette force de la nature et ouvrir la voie à son utilisation dans le fonctionnement des moteurs de l’Empire américain émergent. Grâce à des satanistes comme Ben Franklin, qui était membre du club Hellfire à Londres, l’esprit du Grand Satan a réinvesti sa demeure en France catholique à peine 13 ans après son émergence dans la Déclaration d’indépendance, culminant dans la Révolution française de 1789. La Russie a puni la France pour sa rébellion contre Dieu en 1814, mais malgré les châtiments répétés de Dieu, l’esprit de rébellion n’a jamais quitté la France, comme en témoignent les émeutes qui sévissent maintenant dans ce pays alors qu’il se dirige vers l’anarchie. Malade du soutien de Macron à la guerre de l’OTAN en Ukraine, [une partie des] Français prie maintenant pour une invasion russe parce que la Russie a été le premier fléau envoyé par Dieu qui a puni les Français pour le péché de rébellion contre le dirigeant oint de Dieu de leur pays pendant la Révolution française. La France, cependant, a refusé d’apprendre la leçon que Dieu leur avait envoyé avec les Russes contre Napoléon. Les Prussiens sont devenus le fléau de Dieu en 1870, mais encore une fois la France a refusé d’apprendre la leçon que Dieu leur enseignait. En 1890, Civilta Cattolica a expliqué la leçon que Dieu essayait d’enseigner à la France lorsqu’il a annoncé, à l’occasion du 100e anniversaire de la Révolution française, que tout pays qui se détournerait des lois créées par Dieu finirait par être gouverné par des juifs, qui incarnent encore l’esprit révolutionnaire que la France refuse d’abjurer. La fixation de Todd sur le Geist protestant de Weber l’aveugle sur le fait que le même esprit juif a pris le contrôle de la France. Le nihilisme est le mot de Todd pour l’esprit satanique qui remonte à l’époque où Jésus-Christ a confondu les juifs qui prétendaient être la «semence d’Abraham» en leur disant que «Ton père est Satan» (Jean 8, 44). En tuant le Christ, les juifs qui ont rejeté le Logos incarné sont devenus la «synagogue de Satan» dont le rejet du Logos s’est exprimé dans une trajectoire d’activité révolutionnaire qui s’étend de Barabbas et Simon bar Kochba, à Trotsky et aux bolcheviks, à Irving Kristol et aux autres revenants trotskistes issus de la Section B du City College de New York dans les années 1930, qui se sont fait connaître sous le nom de néoconservateurs, ceux-là mêmes qui ont détruit ce qui restait de la Russie après la chute du communisme grâce à l’activité de pilleurs juifs comme Jeffrey Sachs et les oligarques juifs qui ont profité de son activité. Sous Vladimir Poutine, la Russie s’est rétablie «après le cauchemar des années 1990», mais l’Amérique ne s’est pas remise de la victoire après la guerre froide qui a créé ce cauchemar parce que «les dirigeants occidentaux sont restés aveugles à la réalité». Affichant un angle mort qui lui est propre, Todd identifie le groupe d’aveugles responsables de l’éclipse de l’élite WASP comme «les néoconservateurs», ou simplement «les néocons». L’incapacité de Todd à identifier l’ennemi devient évidente dans l’édition française originale, où le terme «néocons» semble étonnamment déplacé au milieu de sa prose française autrement précise : L’implosion, par étapes, de la culture WASP –blanche, anglo-saxonne et protestante –depuis les années 1960 a créé un empire privé de centre et de projet, un organisme essentiellement militaire dirigé par un groupe sans culture (au sens anthropologique) qui n’a plus comme valeurs fondamentales que la puissance et la violence. Ce groupe est généralement désigné par l’expression «néocons». Il est assez étroit mais se meut dans une classe supérieure atomisée, anomique, et il a une grande capacité de nuisance géopolitique et historique. Au lieu de nommer les juifs comme le groupe qui a créé l’État zéro satanique en Amérique, Todd crée une catégorie de l’esprit appelée «The Blob», qu’il décrit comme : le groupe d’individus qui, concrètement, mènent la politique étrangère de la puissance malade que l’Amérique est devenue. Qui est cette tribu aux mœurs singulières qui, par ses goûts et ses décisions, a conduit l’Occident aux portes de la Russie ? Nous étudions le plus souvent une communauté primitive dans son environnement naturel : ce sera la ville de Washington. Nous nous intéresserons particulièrement à l’establishment géopolitique américain, que l’on appelle communément le «Blob», du nom d’un micro-organisme inquiétant. Todd semble ignorer que le nom vient d’un film d’horreur des années 1950, l’attribuant plutôt à Stephen Walt, qui a obtenu le surnom de Ben Rhodes, un ancien conseiller d’Obama, pour désigner le microcosme responsable de la politique étrangère. «Le Blob washingtonien tel que présenté par Walt correspond entièrement à ma vision d’un groupe dirigeant dépourvu de liens intellectuels ou idéologiques extérieurs à lui-même.» Après avoir énuméré la famille Kagan — y compris Victoria «Fuck l’UE» Nuland, qui est mariée à Robert Kagan — comme «un exemple particulièrement central de «la petite bande de semi-intellectuels qui habitent le Blob, un sous-village de Washington», il s’avère que le Blob se déclare, mirabile dictu, juif : J’ai été surpris de constater la fréquence des ancêtres juifs provenant de l’empire des tsars et de ses marges. Nous avons noté que les deux personnalités les plus influentes qui «gèrent» l’Ukraine, Antony Blinken, secrétaire d’État, et Victoria Nuland, secrétaire d’État adjointe, sont d’origine juive. Plus précisément, nous découvrons que Blinken est du côté de sa mère d’origine juive hongroise et que son grand-père paternel est né à Kiev. Le père de Victoria Nuland est une combinaison de juifs moldaves et ukrainiens. Passons à l’arrière-plan idéologique, les beaux-parents de Victoria, les Kagas. Le père de Robert et Frederick, Donald, était né en Lituanie. Le fait que tant de personnes dans le haut secteur social à responsabilité géopolitique aient un lien familial avec la partie occidentale de l’ancien empire tsariste est troublant. Une fois que Todd établit l’identité juive du Blob, toutes sortes de connexions intéressantes émergent. Parce que les juifs «se souviennent de l’Ukraine comme du berceau officiel de l’antisémitisme «russe», à commencer par les pogroms de 1881-1882», la guerre de l’OTAN contre la Russie émerge comme un désir juif, en particulier de la part de Nuland, de punir l’Ukraine pour les pogroms de Chmielnicki. Ou, comme le dit Todd, «Pourquoi les Américains d’origine juive ukrainienne qui, avec le gouvernement de Kiev, copilotent cette boucherie, ne considèreraient-ils pas cela comme une juste punition infligée au pays qui a tant fait souffrir leurs ancêtres ?» Contrairement aux «néoconservateurs», que Todd décrit comme les héritiers du maccarthysme, George Kennan, le WASP qui a été l’architecte de la politique américaine d’endiguement pendant la guerre froide, était «tout sauf un anticommuniste aveugle». Parce que Kennan parlait russe, parce qu’il connaissait et aimait la culture russe, il avait conçu une stratégie d’endiguement qui visait à empêcher une confrontation armée. L’ère Kennan a pris fin, selon Todd, lorsque les néocons ont repris en main la politique étrangère américaine. Todd identifie l’homme responsable de cette prise de contrôle comme étant Walt Rostow, le conseiller à la sécurité nationale de Lyndon Johnson pendant la guerre du Vietnam. À ce stade, la thèse de Todd devient problématique parce que Rostow n’était en aucun sens un «néocon» (un mot qui n’existait pas dans les années 1960), mais contrairement à ses prédécesseurs au département d’État, qui étaient engagés dans la politique d’endiguement de Kennan, Rostow était juif. Todd nous dit : «Aujourd’hui, le village de Washington n’est rien de plus qu’un ensemble d’individus complètement dépourvus de morale commune. Je ne dis pas «village» par hasard», mais il ne peut pas se résoudre à nous dire que le «village» est gouverné par des juifs, malgré toutes les preuves qu’il amasse au contraire : La même surreprésentation peut être observée au sein du conseil d’administration du plus prestigieux groupe de réflexion sur la politique étrangère, le Council on Foreign Relations : près d’un tiers de ses trente-quatre membres sont juifs. En 2010, le classement Forbes a montré que, parmi les cent plus grandes fortunes aux États-Unis, il y avait 30% de juifs. Nous avons l’impression d’être à Budapest au début des années 1930. L’interprétation de ce fait est également la même : pour expliquer une forte surreprésentation des juifs dans les catégories supérieures d’une société donnée, il faut d’abord rechercher, et le plus souvent trouver, une faiblesse éducative dans la population générale, qui a permis à l’intensité éducative de la religion juive de se manifester pleinement. Et c’est là que nous arrivons au problème fondamental de La Défaite de l’Occident. Todd est lui-même un juif pour qui le terme juif est une catégorie vide de l’esprit qui n’a aucun rapport avec les réalités que j’ai décrites en détail. Comme le colonel Macgregor et Tucker Carlson, il préfère l’euphémisme «néoconservateur». Todd admet que «le Blob» est sous contrôle juif, mais le juif n’est pas une catégorie significative pour les juifs, comme Noam Chomsky et Norman Finkelstein l’ont montré. L’utilisation par Todd du terme «Neocon» l’empêche d’identifier qui a pris le contrôle de l’Amérique après que l’esprit protestant s’est évaporé en 1978, l’année où John D. Rockefeller, 3e du nom, et son frère Nelson sont morts. Au lieu de nous dire qui est responsable de l’éclipse du protestantisme qui a mené à l’effondrement de l’Empire américain, Todd parle d’une «implosion impersonnelle, par étapes, de la culture WASP — blanche, anglo-saxonne et protestante», qui a commencé dans les années 1960 lorsque les néoconservateurs ont privé l’Empire américain d’«un centre et d’un projet», que Todd décrit comme «une culture nationale partagée par les masses et les classes dirigeantes». Briser la forme culturelle de l’empire américain connu sous le nom de protestantisme était similaire à la division de l’atome en raison de la violence et de la destruction que cela a déclenché sur l’Amérique et le reste du monde, mais ce n’était pas une éruption impersonnelle, un cas de force majeure. C’était une révolution. C’était un coup d’État qui a supplanté l’éthique protestante du travail par l’idole juive du nihilisme. Todd est tout simplement brillant lorsqu’il s’agit d’expliquer comment le nihilisme mène à la violence. À ce stade de la désintégration de l’Empire américain, la guerre est devenue «la dynamique» de l’État Zéro, pour lequel «parce que la guerre est, toujours et partout, une des virtualités du nihilisme». L’insistance de l’Amérique sur la guerre comme solution à tous les problèmes, en particulier au Moyen-Orient, a conduit à un isolement total. Le vote américain contre un cessez-le-feu parrainé par l’ONU à Gaza est «nihiliste», car «il rejette la morale commune de l’humanité». Lors du vote le plus récent, les États-Unis ont été soutenus par trois autres pays, Israël, la Micronésie et Nauru, un pays, qui, à cause du guano [la fiente d’oiseaux, exploitée comme engrais], sa principale ressource naturelle, a été éliminé de l’existence, ce qui en fait le «pays de merde» paradigmatique. Le nihilisme conduit à l’autodestruction, ce qui nous permet de voir que l’engagement irréfléchi et sans réserve de l’Amérique envers Israël est un symptôme suicidaire, qui a transformé les États-Unis en terre de tueries de masse, de zombies au fentanyl, de religion zéro et de déni de réalité, où «l’impulsion première est le besoin de violence.» Todd ajoute la crise des opioïdes à la liste sans nous dire, bien sûr, que c’était un autre projet juif dirigé par la famille Sackler. À la fin de son livre, Todd devient l’exemple classique d’une intelligence critique aiguë qui se sabote par son incapacité à identifier l’ennemi. Comme l’a dit Sun Tzu, si vous ne savez pas qui vous êtes et que vous ne pouvez pas identifier l’ennemi, vous perdrez chaque bataille. Plus important encore, Todd ne sait pas que sa propre identité et celle de son ennemi sont identiques. Les Français disent Cherchez la femme parce qu’ils sentent que tout mystère peut être résolu en trouvant la femme qui se tient derrière une situation donnée. On pourrait modifier cette fameuse phrase et dire, à la lumière des révélations de Todd, cherchez le juif. Mais l’Amérique a acquis sa propre compréhension de la grammaire cachée derrière la description par Todd de l’État Zéro lorsque le musicien Pogo a proclamé : «Nous avons rencontré l’ennemi, et c’est nous». Une question pour une meilleure compréhension m’est venue : vous parlez de l’évaporation du protestantisme. En même temps, la «grammaire cachée» du puritanisme est le satanisme – depuis le début. Alors, comment interpréter la force et la productivité initiales de l’Amérique ? Est-ce, à votre avis, le surplus du catholicisme, le fruit de ce qui vient réellement de l’esprit catholique et qui est simplement volé et récolté jusqu’à ce qu’il ne reste plus rien ? Pensez-vous que dans l’élite WASP, il n’y a jamais eu de véritable «productivité», mais seulement du vol ? De sorte que l’idée d’un retour à l’élite WASP est absolument impensable, parce qu’elle est construite sur le satanisme depuis le début ? La meilleure façon de comprendre le terme «évaporation» (Verdunsten) serait d’intensifier sa signification en le remplaçant par le terme connexe «distillation». La distillation est une forme accélérée d’évaporation du genre de celle que nous avons vue à l’œuvre lorsque l’Empire a plongé vers sa fin vers le milieu du XXIe siècle. Le protestantisme n’est rien de plus que le catholicisme étiolé qui a résulté du vol de la Bible qui a eu lieu sous la rubrique «sola scriptura» à l’époque de la Réforme combinée avec l’esprit de rébellion satanique qui a transformé le protestantisme en un système économique connu sous le nom de capitalisme. Au cours des cinq siècles, alors que cette évaporation s’intensifiait en distillation, l’héritage catholique s’est consumé, ne laissant que le sens satanique de la rébellion derrière lui. Perry Miller souligne à juste titre que Ralph Waldo Emerson incarnait les deux aspects de manière égale. Il a vécu la vie bourgeoise d’un homme marié, tapotant la petite Rose Hawthorne sur la tête et lui donnant des bonbons lors de visites à son père Nathaniel, tout en épousant en même temps une philosophie essentiellement satanique dans ses écrits et surtout dans la «confiance en soi». Pourquoi alors l’Amérique a-t-elle si spectaculairement réussi économiquement si le protestantisme était sa grammaire cachée ? La réponse est assez simple. L’Amérique est devenue riche en raison des ressources naturelles abondantes (reiche Bodenschaetze) et d’une capacité sans précédent à mobiliser la main-d’œuvre, symbolisée à merveille par la chaîne de montage de Henry Ford. Le calvinisme, en tant que première manifestation du Geist protestant en Amérique, a encadré la croissance de la richesse parce que Calvin, contrairement à Luther, permettait l’usure et à cause de cela la juification subséquente de l’Amérique qui a eu lieu après la Seconde Guerre mondiale. Le capitalisme, comme Heinrich Pesch nous l’a rappelé, c’est l’usure parrainée par l’État combinée avec l’appropriation systématique de toute plus-value. La tolérance de l’usure a créé une charge d’endettement qui a forcé l’industrie manufacturière, surtout après la création du système de la Réserve fédérale, à faire baisser les salaires dans une tentative futile de suivre les prédations des intérêts composés. Une fois qu’on a une idée claire du problème, la façon de s’en sortir devient claire. Il faut éliminer l’usure de l’économie. Nous devons nous réapproprier les biens, et redistribuer les richesses accumulées par l’usure. Nous devons éliminer le financement de toutes les campagnes politiques ainsi que la publicité politique et, surtout, nous devons refuser à certains les droits à la citoyenneté, ce qu’aucun pays en Europe n’avait accordé aux juifs avant que Napoléon ne les émancipe au début du XIXe siècle. L’administration Biden a clairement montré ce qui se passe lorsque les juifs prennent le pouvoir. Tant que cela se produira, nous aurons des guerres étrangères, en grande partie pour soutenir Israël, et une dette écrasante. Un premier pas dans cette direction consisterait à interdire toute personne détenant la double citoyenneté de tout poste politique. Jonathan Pollard a déclaré clairement, après que Donald Trump lui a pardonné [ses trente ans d’espionnage au profit d’Israël] que le Juif a le devoir de trahir tout pays qui lui accorde la citoyenneté. Sun Tzu disait que si vous ne savez pas qui vous êtes et que vous ne pouvez pas identifier l’ennemi, vous perdrez chaque bataille. Contrairement à Pogo, nous pouvons dire que nous avons rencontré l’ennemi et il n’est pas nous, parce que nous sommes Américains et qu’ils sont des partisans sans racine de l’esprit révolutionnaire juif. » (Extraits de l'article « Le satanisme comme grammaire cachée de l’Amérique » de E. Michael Jones du reseauinternational.net)
« Le fait est que le reste du monde (en dehors de l'Occident) non seulement l’Amérique comme inutile, mais que l’Amérique et ses alliés de l’OTAN constituent la principale menace à leur propre prospérité. Ils se divisent donc essentiellement dans leur propre monde. Et le groupe BRICS étend ses relations commerciales, ses relations d’investissement, et surtout ses opérations de compensation financière et monétaires pour être indépendant du dollar, dédollarisé, et certainement indépendant de l’euro, qui ne semble avoir aucun moyen de soutien visible, désormais, et suivent leur propre chemin. Or, c’est exactement ce qui a conduit les États-Unis à pousser Israël [essentiellement] à suivre le bellicisme de Netanyahou, parce que les États-Unis disent : «Nous réalisons que nous perdons le pouvoir». Nous savons que nous ne sommes vraiment pas dans une impasse. Nous savons que nous avons perdu notre chance de dominer le monde. Nous pouvons être réélus en disant aux gens, vous savez, que cela n’a pas vraiment d’importance. Mais nous savons que cela compte. La dernière chance dont nous disposons pour affirmer la puissance américaine est militaire. Et le principal enjeu militaire est le Proche-Orient aujourd’hui, tout comme après le 11 septembre, lorsque Dick Cheney et Rumsfeld ont insisté pour une invasion de l’Irak afin de commencer à s’emparer de son sol et de créer essentiellement une légion étrangère américaine sous la forme d’ISIS et d’autres pays. (al-Qaida, l’Irak). L’Amérique dispose désormais de deux armées qu’elle utilise pour combattre au Proche-Orient : la légion étrangère ISIS/al-Qaïda (la légion étrangère arabophone) et les Israéliens. Le plan est – et l’Amérique est prête à se battre jusqu’au dernier Israélien, tout comme elle veut – essayer de se battre jusqu’au dernier Ukrainien afin de conquérir cette dernière prise du Proche-Orient dans la lutte contre l’Iran. C’est une idée folle, mais il semble que ce soit exactement ce qui est prévu. (Surtout que fin janvier 2024, un haut responsable militaire de l’OTAN lance un avertissement et déclare que les civils et les gouvernements doivent se préparer à des conflits cataclysmiques et à une conscription potentielle. L’amiral Rob Bauer exhorte les civils à se préparer à des conflits cataclysmiques. Il a révélé que les forces de l’OTAN se préparent à une guerre totale avec la Russie au cours des deux prochaines décennies. L’amiral Rob Bauer, président du comité militaire de l’OTAN, a exhorté les civils et les gouvernements à se préparer à des conflits cataclysmiques et à la perspective d’être enrôlés.) Quand les États-Unis continuent de dire et de menacer : «Oh, les Yéménites vont bombarder des navires là-bas et bloquer le commerce», c’est ce qu’ils veulent. Les États-Unis réalisent que s’ils parviennent à inciter le Yémen et l’Iran à bloquer le détroit d’Ormuz et le Golfe, cela mettra effectivement fin au commerce du pétrole. Et il est vrai que, comme l’a souligné Yves Smith dans Naked Capitalism Today, les voies maritimes vers l’Arabie saoudite ont été fermées pendant de nombreuses années après la guerre de 1967. Ils ont été fermés à plusieurs reprises pendant plusieurs mois. Et il n’est pas impensable qu’ils soient fermés. Mais les temps ont changé. Désormais, si vous les fermez, ce seront les principaux acheteurs d’énergie en Asie, en Chine et dans d’autres pays qui en souffriront. Et cela, du point de vue des États-Unis, leur donnera encore plus de pouvoir pour contrôler l’approvisionnement mondial en pétrole, comme monnaie d’échange pour tenter de renégocier ce nouvel ordre international. Les États-Unis adoptent donc essentiellement la seule tactique qu’ils peuvent réellement utiliser. Ils ne peuvent pas utiliser la tactique consistant à dire : «Nous sommes une économie en croissance et vous voulez commercer avec nous, pas avec la Chine et la Russie, car ces deux pays connaissent une croissance plus rapide que les États-Unis et l’Europe». Ils n’ont vraiment rien à offrir, si ce n’est la capacité de perturber le commerce extérieur et les systèmes monétaires et financiers étrangers et acceptent de cesser de le perturber si d’autres pays laissent simplement les États-Unis prendre les décisions unipolaires. Le président Poutine l’a répété à maintes reprises, il s’agit (aussi) d’une guerre de civilisation. C’est une guerre pour dire dans quelle direction va la civilisation. (Et) C’est (donc aussi) une guerre économique, c’est une guerre pour la domination et le contrôle économiques. Alors, l’Occident américain va-t-il s’effondrer tout seul, ou les États-Unis et tous ceux qu’ils peuvent entraîner avec eux, vous savez, vont-ils enclencher l’escalade et manœuvrer d’une manière dont nous devrions tous être conscients ? Les États-Unis ont une certaine dynamique plus forte que dans tout autre pays du monde, et c’est la rage. C’est le sentiment que vous ressentez actuellement à Washington. Non seulement la rage, mais comme pour la plupart des rages, elle est combinée à la peur. C’est comme si le monde était déjà divisé en un monde visible, le monde selon le Deep State, et le monde invisible, la réalité, des 95 ou 85%. Le combat politique d’ici novembre (aux USA) est de savoir si les gens pourront vraiment croire que l’administration Biden aide l’économie au lieu de défendre la CIA, le FBI, l’État de sécurité nationale, le complexe militaro-industriel, le complexe pharmaceutique, l’immobilier, et Wall Street contre la population, en désindustrialisant ? Ou tout cela n’a-t-il été qu’un détour qui nous a appauvris ? Ce sera la question. (Mais reste à savoir si dans ce contexte mondial Trump continuera son isolationnisme s'il devient président des USA.) » (Extraits de l'article « La Russie, l’Iran et la mer Rouge » de Michael Hudson à l'adresse https://strategika.fr/2024/01/30/la-russie-liran-et-la-mer-rouge/)
Michael Hudson explique comment la civilisation occidentale s'est développée d'une manière qui contenait les germes de sa propre polarisation économique, de son déclin et de sa chute :
« Le concept grec d’hubris implique un comportement égoïste qui cause du tort aux autres. L’avarice et la cupidité devaient être punies par la déesse de la justice Némésis, qui avait de nombreux équivalents au Proche-Orient, comme Nanshe de Lagash à Sumer, protégeant le faible contre le puissant, le débiteur contre le créancier. C’est cette protection que les souverains devaient assurer en servant les dieux. C’est pourquoi les souverains étaient dotés d’un pouvoir suffisant pour éviter que la population ne soit réduite à la dépendance à l’égard de la dette et du clientélisme. Les chefs, les rois et les temples étaient chargés d’allouer des crédits et des terres cultivables aux petits exploitants en échange de servir dans l’armée et de fournir une main-d’œuvre corvéable. Les souverains qui se comportaient de manière égoïste étaient susceptibles d’être destitués, ou leurs sujets pouvaient s’enfuir, ou soutenir des chefs rebelles ou des attaquants étrangers promettant d’annuler les dettes et de redistribuer les terres plus équitablement. La fonction la plus fondamentale de la royauté proche-orientale était de proclamer « l’ordre économique », les annulations de dettes misharum et andurarum, qui trouvent un écho dans l’année jubilaire du judaïsme. Il n’y avait pas de « démocratie » au sens où les citoyens élisaient leurs dirigeants et administrateurs, mais la « royauté divine » était tenue d’atteindre l’objectif économique implicite de la démocratie : « protéger les faibles contre les puissants. » Le pouvoir royal était soutenu par des temples et des systèmes éthiques ou religieux. Les grandes religions apparues au milieu du premier millénaire avant Jésus-Christ, celles de Bouddha, de Lao-Tseu et de Zoroastre, considéraient que les motivations personnelles devaient être subordonnées à la promotion du bien-être général et de l’aide mutuelle. Ce qui ne semblait pas envisageable il y a 2500 ans, c’est qu’une aristocratie de chefs de guerre allait conquérir le monde occidental. En créant ce qui est devenu l’Empire romain, une oligarchie a pris le contrôle des terres et, en temps voulu, du système politique. Elle a aboli l’autorité royale ou civique, transféré la charge fiscale sur les classes inférieures et endetté la population et l’industrie. Ces mesures ont été prises dans un but purement opportuniste. Il n’y a eu aucune tentative de défense idéologique. Il n’y a eu aucun Milton Friedman archaïque émergeant pour populariser un nouvel ordre moral radical célébrant l’avarice en affirmant que la cupidité est ce qui fait avancer les économies, convainquant la société de laisser la distribution de la terre et de l’argent au « marché » contrôlé par des sociétés privées et des prêteurs sur gages au lieu d’une réglementation communautaire établie par les dirigeants de palais et de temples ou, par extension, le socialisme d’aujourd’hui. Les palais, les temples et les gouvernements civiques étaient les créanciers. Ils n’étaient pas obligés d’emprunter pour fonctionner, et n’étaient donc pas soumis aux exigences politiques d’une classe de créanciers privés. Mais endetter la population, l’industrie et même les gouvernements auprès d’une élite oligarchique est précisément ce qui s’est produit en Occident, qui tente maintenant d’imposer la variante moderne de ce régime économique basé sur l’endettement – le capitalisme financier néolibéral centré sur les États-Unis – au monde entier. Voilà en quoi consiste la nouvelle guerre froide d’aujourd’hui. Aujourd’hui, un système financiarisé de contrôle oligarchique dont les racines remontent à Rome est soutenu et même imposé par la diplomatie, la force militaire et les sanctions économiques de la nouvelle guerre froide menée par les États-Unis aux pays qui tentent d’y résister.
Ce qui distingue les économies occidentales des anciennes sociétés du Proche-Orient et de la plupart des sociétés asiatiques, c’est l’absence d’allègement de la dette pour rétablir l’équilibre de l’économie. Chaque nation occidentale a hérité de Rome les principes de l’inviolabilité de la dette, qui donnent la priorité aux demandes des créanciers et légitiment le transfert permanent aux créanciers des biens des débiteurs défaillants. De la Rome antique à l’Espagne des Habsbourg, en passant par la Grande-Bretagne impériale et les États-Unis, les oligarchies occidentales se sont appropriées les revenus et les terres des débiteurs, tout en transférant leurs impôts sur la main-d’œuvre et l’industrie. Cela a provoqué l’austérité à l’intérieure et a conduit les oligarchies à rechercher la prospérité par la conquête étrangère, pour obtenir des étrangers ce qui n’est pas produit par les économies nationales endettées et soumises à des principes juridiques pro-créanciers transférant les terres et autres biens à une classe de rentiers.
Au XVIe siècle, l’Espagne a pillé de vastes quantités d’argent et d’or dans le Nouveau Monde, mais cette richesse a coulé entre ses mains, dissipée dans la guerre au lieu d’être investie dans l’industrie nationale. Se retrouvant avec une économie très inégale et polarisée, profondément endettée, les Habsbourg perdirent leur ancienne possession, la République néerlandaise, qui prospéra en tant que société moins oligarchique et qui tira plus de pouvoir en tant que créancier qu’en tant que débiteur.  La Grande-Bretagne a connu une ascension et une chute similaires. La Première Guerre mondiale l’a laissé avec de lourdes dettes d’armement envers son ancienne colonie, les États-Unis. Imposant une austérité anti-ouvrière dans son pays afin de payer ces dettes, la zone sterling de la Grande-Bretagne est ensuite devenue un satellite du dollar américain selon les termes du prêt-bail américain de la Seconde Guerre mondiale et du prêt britannique de 1946. Les politiques néolibérales de Margaret Thatcher et de Tony Blair ont fortement augmenté le coût de la vie en privatisant et en monopolisant le logement et les infrastructures publiques, anéantissant l’ancienne compétitivité industrielle de la Grande-Bretagne en augmentant le coût de la vie et donc le niveau des salaires.  Les États-Unis ont suivi une trajectoire similaire d’expansion impériale excessive au détriment de leur économie nationale. Leurs dépenses militaires à l’étranger à partir de 1950 ont obligé le dollar à se détacher de l’or en 1971. Ce changement a eu l’avantage inattendu de donner naissance à un « étalon dollar » qui a permis à l’économie américaine et à sa diplomatie militaire de s’affranchir du reste du monde, en accumulant des dettes en dollars auprès des banques centrales d’autres pays sans aucune contrainte pratique. La colonisation financière de l’Union post-soviétique dans les années 1990 par la « thérapie de choc » de la privatisation, suivie par l’admission de la Chine à l’Organisation mondiale du commerce en 2001 – avec l’espoir que la Chine devienne, comme la Russie d’Eltsine, une colonie financière américaine – a conduit l’économie américaine à se désindustrialiser en déplaçant l’emploi vers l’Asie. La tentative des États-Unis à forcer à la soumission à son contrôle en inaugurant une nouvelle guerre froide a conduit la Russie, la Chine et d’autres pays à se détacher du système de commerce et d’investissement dollarisé, laissant les États-Unis et l’Europe de l’OTAN souffrir de l’austérité et de l’aggravation de l’inégalité des richesses alors que les ratios d’endettement montent en flèche pour les particuliers, les entreprises et les organismes gouvernementaux.
Il y a seulement dix ans, le sénateur John McCain et le président Barack Obama qualifiaient la Russie de simple station-service dotée de bombes atomiques. Aujourd’hui, on pourrait en dire autant des États-Unis, qui fondent leur puissance économique mondiale sur le contrôle du commerce du pétrole en Occident, alors que leurs principaux excédents d’exportation sont les cultures agricoles et les armes. La combinaison de l’endettement financier et de la privatisation a fait de l’Amérique une économie à coût élevé, perdant son ancien leadership industriel, tout comme la Grande-Bretagne avant. Les États-Unis tentent désormais de vivre principalement de gains financiers (intérêts, bénéfices sur les investissements étrangers et création de crédits par les banques centrales pour gonfler les plus-values) au lieu de créer des richesses par leur propre travail et leur industrie. Ses alliés occidentaux cherchent à faire de même. Ils nomment ce système dominé par les États-Unis « globalisation », mais il s’agit tout simplement d’une forme financière de colonialisme – soutenue par l’habituelle menace de la force militaire et du « changement de régime » en douce, pour empêcher les pays de quitter un tel système. Ce système impérial basé sur les États-Unis et l’OTAN cherche à endetter les pays plus faibles et à les forcer à céder le contrôle de leurs politiques au Fonds monétaire international et à la Banque mondiale. L’obéissance aux « conseils » néolibéraux anti-ouvriers de ces institutions conduit à une crise de la dette qui force le taux de change du pays débiteur à se déprécier. Le FMI les « sauve » alors de l’insolvabilité à la « condition » qu’ils vendent le domaine public, imposent moins les riches (en particulier les investisseurs étrangers) et imposent plus le travail. L’oligarchie et la dette sont les caractéristiques essentielles des économies occidentales. Les dépenses militaires de l’Amérique et ses guerres quasi permanentes ont laissé son propre Trésor profondément endetté auprès des gouvernements étrangers et de la banque centrale. Les États-Unis suivent ainsi le même chemin que celui par lequel l’impérialisme espagnol a laissé la dynastie des Habsbourg endettée auprès des banquiers européens. De même, la participation de la Grande-Bretagne à deux guerres mondiales dans l’espoir de maintenir sa position dominante dans le monde l’a laissée endettée et a mis fin à son ancien avantage industriel. La dette extérieure croissante de l’Amérique a été soutenue par le privilège de sa « monnaie-globalisée », qui lui permet d’émettre sa propre dette en dollars selon l’« étalon dollar », sans que les autres pays puissent raisonnablement s’attendre à être payés un jour ; sauf en « dollars papier » supplémentaires.  Cette abondance monétaire a permis à l’élite managériale de Wall Street d’augmenter les revenus des rentiers américains par la financiarisation et la privatisation, augmentant ainsi le coût de la vie et des affaires, comme cela s’est produit en Grande-Bretagne avec les politiques néolibérales de Margaret Thatcher et Tony Blair. Les entreprises industrielles ont répondu à cela en déplaçant leurs usines vers des économies à bas salaires afin de maximiser leurs profits. Mais alors que l’Amérique se désindustrialise et dépend de plus en plus des importations asiatiques, la diplomatie américaine poursuit une nouvelle guerre froide qui pousse les économies les plus productives du monde à se découpler de l’orbite économique américaine. L’augmentation de la dette détruit les économies lorsqu’elle n’est pas utilisée pour financer de nouveaux investissements dans les moyens de production. La plupart des crédits occidentaux actuels sont créés pour gonfler le prix des actions, des obligations et de l’immobilier, et non pour restaurer la capacité industrielle. En conséquence de cette stratégie de dette sans production, l’économie nationale américaine a été submergée par la dette due à sa propre oligarchie financière. Du fait du déjeuner gratuit / « Free Lunch » pour l’économie américaine qu’est l’augmentation continue de sa dette officielle envers les banques centrales étrangères – sans perspective visible de remboursement de sa dette internationale ou nationale – sa dette continue de s’étendre et l’économie est devenue encore plus endettée. L’Amérique s’est polarisée, avec une extrême richesse concentrée au sommet tandis que la majeure partie de son économie est profondément endettée.